histoire et patrimoine de La Douze

Histoire de La Douze
fruit des recherches de l'association Histoire et Patrimoine sur la commune.

Déroulement chronologique de l'histoire de La Douze

La préhistoire: les hommes préhistoriques ont parcouru les terres et y ont peut être vécu car nous apprenons par la SHAP (Société d'Histoire et Archéologie du Périgord) dès 1876, que des outils taillées ont été découverts; nous savons que des outils en pierre polie datant du Néolithique et venant de la Prade ont été déposés au musée des Eyzies.
De nos jours, il n'est pas rare de découvrir des outils moustériens lors de labours.

Pendant la période dite de l'Antiquité, un grand propriétaire gallo-romain latusius déjà cité, aurait vécu ici entre La Douze et Lacropte mais aucune fouille n'a été entreprise pour découvrir les vestiges.
Cependant la commune possède dans l'église la base richement sculptée d'une colonne gallo-romaine
fin du II ème siècle expertisée par Dominique Tardy et Claudine Girady-Caillat ; étant donné la richesse des sculptures, elle ne peut provenir que d'un temple ou de thermes gallo-romains.

Le Moyen-Age apporte à La Douze 3 mottes féodales, c'est à dire des buttes faites par des hommes pour ériger un château en bois puis en pierre. celle Del Telhol au Mas Bouchard a son fossé encore visible - celle de Larcharia (Larcherie) sur sa butte au confluent de la vallée du St Geyrac et de la vallée qui vient du Bournat ne livre aucun vestige - celle du bourg de la doza souvent "attesttée avec ses fossati" - ses fossés.
Ces 3 vestiges ont été étudiés il y a une vingtaine d'années par des membres de la Société Archéologique du Périgord et en particulier
Bernard Fournioux , médiéviste connu.


la motte del Telhol
Sans transition, nous arrivons au XIV ème siècle qui voit s'établir à La Douze, un membre d'une illustre famille de chevaliers, les d'Abzac.
En se mariant en 1373 avec Guillemette de Boniface, riche héritière des familles de Vals , de Périgueux, possédant entre autre La Douze, Adhémar d'Abzac
va installer ses descendants à La Douze pendant 300 ans;
ceux - ci vont prendre le nom de la terre où ils résident : d'Abzac de La Douze.

.Au XVll ème la seigneurie va être érigée en marquisat par louis XIII.

Bien-sûr l'importance de cette famille va les mettre au devant de la scène et nombreux sont les historiens de leur époque et les écrivains actuels qui citent la vie plus ou moins brillante ou plus ou moins mouvementée des membres de cette famille. Nous n'en citerons que quelques-uns :
Ainsi Bertrand d'Abzac perdra sa tête à Limoges pour avoir pris le parti anglais.
Pierre d'Abzac archevêque de Narbonne, conseiller de Louis XI reviendra mourir à La Douze. l'église a possédé son magnifique tombeau puis ses vestiges jusqu'en 1908.
Jean II en 1521 demande dans son testament que soient construits à La Douze des bâtiments pour les pauvres et les malades et il en reste une partie dans le bourg que nous appelons la maison des mendiants qui est donc de la fin du XVI ème début du XVII ème
Gabriel ll à la fin du XVI ème fera passer de 4 à 6 le nombre de foires à La Douze, dont un marché hebdomadaire ce qui montre l'importance de cette seigneurie avec ses nombreuses métairie.
Un Charles d'Abzac va ravitailler les croquants lors de la 2ème révolte celle de 1637 à 1641 car sa sœur était mariée avec l'un des chefs rebelles Antoine Dupuy de la Mothe de la Forêt alors qu'ils allaient incendier les châteaux voisins.
Citons encore Jeanne de Lastours, épouse d'Abzac qui battait son premier mari puis le second qu'elle provoquait même en duel; c'est l'historienne Joëlle Chevé qui l'écrit d'après les historiettes de Tallement des Réaux qui ajoutait: " après la mort de son 2ème mari, elle était déjà bien vieille et elle se mit à se farder car elle était un peu concubinaire c'était une chose effroyable à voir. . ."
tout ceci se passe à quelques toises de l'endroit où nous sommes dans le château en contrebas.

Mais qu'en est il du château ?
Le premier château de motte a été reconstruit lors de l'arrivée des d'Abzac à La Douze c'est à dire au début du XV ème. La démolition partielle - du donjon, signe de puissance et de noblesse, des tours, l'écrêtement des murs en 1667 (sur ordre de Pellot intendant de Guyenne envoyé par Colbert donc règne de louis XIV pour punir le marquis accusé d'avoir empoisonné sa première femme Madeleine de Chaumont de la Salut et d'avoir tué son beau-frère) la démolition, donc, n'a pas empêché la vie de continuer au château. La généalogie, les actes de justice montrent que les d'Abzac après la décapitation du marquis en 1669 sont restés sur leurs terres et au XV ème , le château a été réaménagé avec les matériaux de démolition; sa description en 1777 nous indique un corps de logis assez semblable à celui d'aujourd'hui.
Ce que nous apprenons aussi en 1777 c'est qu'en 1750, il existait encore un pont-levis sur un pont à 2 arches précédé d'un corps de garde.
Pour conclure sur cette famille, on sait que 14 membres au moins reposent dans une crypte située sous l'église.

L'EGLISE actuelle a été construite au XV ème par les d'Abzac sur les murs d'une église du XIII ème attestée; mais le fait qu'elle soit dédiée à "St Pierre es liens" indique qu'elle pourrait remonter au début de la chrétienté en Périgord selon l'ingénieur des Monuments Historiques à la DRAC de Bordeaux.
Deux objets mobiliers de la Renaissance ornent l'église: le retable et la chaire à prêcher datés de 1547 et tous deux en pierre ce qui est assez rare.
Un autre bâtiment remarquable attesté au XVII ème est la halle : ses dimensions imposantes sont liées aux fonctions qu'elle assurait : lieu important pour les foires et marchés, et aussi lieu de justice car le marquis avait droit de basse, moyenne et haute justice dans le parquet attenant à la halle.
N'oublions pas le château des Martinies du XVII ème construit par la famille Reynier qui dit-on se ruina pour le faire bâtir. Appelé pavillon sur le plan Napoléon de 1826, il est considéré comme une belle chartreuse par Emmanuel des Chazans.
La paroisse de La Douze fut habitée par des notables, des gens importants: il est vrai que l'état civil nous donne des noms de personnes aisées: notaires royaux, syndic fabricien, huissier de justice, un chirurgien, un procureur d'office, un lieutenant de juridiction, des sergents royaux. II existait même un régent au château (Iou régent) c'est à dire un instituteur en 1643 , ce qui est assez rare à la campagne au XVII ème.
Bon nombre d'entre eux sont enterrés dans le sol de l'église actuelle car leur rang le leur permettait.
Ajoutons que l'importante famille Coulomb a habité la paroisse; ces gentilhommes maîtres verriers ont habité évidemment La Veyrière où ils fabriquaient le verre et les vitraux.

Les Paysans de La Douze n'étaient pas particulièrement soumis si on lit les chroniques de l'époque
Sachez que lors de la première grande révolte des croquants en 1595, c'est un tabellion (notaire) de La Douze un nommé Lassaigne (La Sagne) qui va lever une troupe de 8000 hommes; ils vont inquiéter les seigneurs qui lèvent trop d'impôts mais seront écrasées à St Crépin d'Auberoche en 1596.
D'autres documents nous montrent de nombreux incidents dans le bourg où se forment des attroupements et dans l'église où des hommes en colère font sauter la perruque d'un notable et au dehors vont déshabiller un malheureux valet qui pourra néanmoins s'enfuir avec ses habits et ses sabots à la main.
Quittons l'ancien régime pour aborder la période révolutionnaire :
Les paysans ne sont pas contents et le 3 mars 1789 les cahiers de doléances nous apprennent que la paroisse est située dans le plus mauvais terrain du Périgord avec bruyère, ajoncs et broussailles, qu'il y gèle 9 mois de l'année, qu'il n'y a même pas un quart des terres en labours ; de plus la gelée de 1766 a détruit leurs châtaigniers, source de leurs revenus; en 1781 la grêle a emporté leurs récoltes il a gelé de nouveau en 1788.
Ils supplient sa majesté de porter son attention sur le fait que le curé prélève une dîme trop élevée, que le seigneur et le curé ne paient pas à proportion des revenus qu'ils ont ; ils indiquent les augmentations importantes d'impôts de 1764 à 1789 et disent que si toutes les paroisses ont subi pareilles augmentations cela aurait du produire une immense quantité d'argent dans les coffres du roi.
Ils demandent que soit absolument abolie la troupe d'huissiers aux tailles qui prennent au moins par paroisse la somme de 90 livres.

Le XIX ème siècle : la révolution industrielle et les progrès techniques.
Tandis que La Douze vit avec ses nombreux artisans, son notaire, ses métairies dépendantes du château, la ligne de chemin de fer Périgueux - Agen est programmée sur la commune. Les propriétaires terriens ont refusé la gare dans le bourg et la ligne est éloignée en limite de commune. C'est alors qu'interviennent des familles de commerçants des Versannes - expéditeurs de fruits et légumes vers Paris et déjà vers l'Europe, une scierie, des fabricants de paniers de Lacropte - pour faire bâtir la gare des Versannes.
C'est ainsi qu'est né le village des Versannes : sa gare, sa voie départementale actuelle, hôtels restaurants, auberges avec débit de tabac, épiceries, une forge, maisons bourgeoises des commerçants.
En 1937, une boulangerie, une école, des fêtes extraordinaires, un comice agricole en septembre, une troupe de théâtre " les joyeux pinsons " tout ceci témoigne du dynamisme de ce village.
Une autre gare est créée à La Gélie pour expédier le bois du pays Rouffignacois, et les paniers de Lacropte.
Voici l'origine de l'emplacement de nos deux gares qui ont été un facteur de développement de notre commune au XIX ème et au début du XX ème siècle.